Dans le récitLa maison d'en face
Elle veut sauver sa voisine. Sa voisine commence à avoir peur d’elle. Depuis sa fenêtre, Clara Maret connaît les gestes de Nora Armand, sa porte qui coince, ses heures d’arrivée. Puis une certitude bouleverse cette familiarité : Nora va mourir. Clara croit savoir comment. Intervenir lui paraît une évidence ; laisser faire serait insupportable.
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Clara Maret le savait parce qu’elle l’avait vu faire tout l’été, de sa cuisine, lorsqu’elle levait les yeux au-dessus de l’évier. Nora tirait une première fois, sans résultat, puis ramenait la poignée vers elle avant de donner un coup sec de hanche. La porte cédait avec un bruit mat. À la troisième semaine, Clara avait cessé de sursauter. À la sixième, elle avait cherché mentalement la cause : bois gonflé, paumelle basse, seuil affaissé. Une maison ne faisait jamais quelque chose « sans raison ». Il fallait seulement regarder assez longtemps.Lire l’extrait ↗