RECHERCHER DANS L’ARCHIVE

Aucune occurrence à ce niveau de lecture. Vérifier mes réglages.

Les homonymes et les branches restent distincts.Recherche complète ↗
Le coffre de la sécurité 12 / VOLUME 1

Le coffre de la sécurité 12

À sept heures vingt-deux, Nora Veyrac avait déjà déplacé trois fois la clé du coffre numéro 12.

D’abord sur le buffet, avec le trousseau de l’appartement. Puis dans la poche intérieure de son sac, d’où elle l’avait retirée presque aussitôt parce qu’elle détestait l’idée qu’une fermeture éclair pût s’ouvrir sans qu’elle s’en aperçoive. Elle avait fini par glisser la petite clé plate dans une enveloppe kraft, avec le carton d’accès de la Banque du Passage, et avait écrit au feutre noir : **COFFRE 12 — ACTE ORIGINAL — 18/10**.

Le 18, c’était demain. La date n’avait rien d’étrange. Elle servait seulement à éviter qu’un document indispensable ne se perde au fond d’un sac au milieu des tickets, des reçus et des choses dont on était certain de se souvenir jusqu’au moment où il fallait les retrouver.

— Tu peux arrêter de regarder l’heure, dit Camille depuis la cuisine. Ça ne fera pas cuire les tartines plus vite.

Nora leva les yeux. Sa sœur tenait une tranche de pain au-dessus de l’évier, un couteau dans l’autre main. Mina, en pyjama violet, avait construit un barrage de céréales autour de son bol et tentait d’y faire tenir une cuillère debout.

— Je dois être à La Défense à huit heures quarante-cinq.

— Alors ne viens pas prendre le petit-déjeuner chez les gens à sept heures vingt.

— C’est toi qui m’as demandé l’acte de propriété.

— Je t’ai demandé de le récupérer. Pas de superviser mon beurre.

Camille souriait, mais à peine. Depuis le mois de juin, presque toutes leurs conversations avaient cette texture : une plaisanterie en surface, quelque chose de beaucoup moins léger dessous. La vente de l’ancien atelier de leur père avait obligé les deux sœurs à se parler davantage qu’elles ne l’auraient choisi. L’argent devait permettre à Camille de solder une partie du prêt de son nouvel appartement. Nora, elle, voulait simplement que personne ne découvre six mois plus tard une servitude oubliée, un impôt impayé, une signature falsifiée ou l’une de ces petites choses que tout le monde appelait « un détail » jusqu’au jour où elles coûtaient trente mille euros.


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

Revenir au volume ↗
S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

Écrire ma première version ↗Retrouver mes traces ↗
Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
Le coffre de la sécurité 12 — Lecture — APODYOPSIS