À quinze heures quarante, Kuroda posa trois chemises sur la table et demanda qu’on retire la quatrième.
La quatrième portait le nom d’Onda.
Arai la prit sans discuter et la déposa sur l’armoire basse, à deux mètres des autres. Ce geste aurait été impossible au début de l’affaire. Pas physiquement. Mentalement. Il aurait eu l’impression d’éloigner la pièce qui expliquait tout.
Sur la table restaient le dossier Sera, le rapport médico-légal et la chaîne des accès Akamori.
— Hoshino conteste l’exploitation de la fin de l’aveu, dit Kuroda. À partir du moment où vous lui dites que le pansement n’était pas public, elle considère que tout ce qu’il formule ensuite peut être contaminé par ce qu’il comprend de notre enquête.
Sakamoto ouvrit la transcription.
— Onze heures dix-neuf.
— Oui. Tout ce qui précède garde sa provenance propre. Tout ce qui suit doit être corroboré indépendamment si on veut s’en servir.
Arai regarda les pages.
Sera avait déjà reconnu l’entrée dans l’annexe, la copie de clé, la prise du téléphone, la poussée avec la sacoche et la chute avant que le mot *pansement* change de statut entre eux. Après onze heures dix-neuf venaient surtout sa panique, sa justification et une partie de ce qu’il disait avoir pensé.
— On peut vivre sans, dit Arai.
Kuroda leva les yeux.
— Ce n’est pas une question de confort.
— Je sais. Je veux dire que la chaîne tient sans cette partie.
Il rapprocha le rapport médico-légal. La blessure à l’épaule était compatible avec un premier contact. Le traumatisme crânien avec une chute. Les recherches effectuées par Sera après son départ documentaient sa conscience d’un risque. Le parking plaçait son véhicule à proximité. La clé se trouvait dans sa boîte à outils. La sacoche portait une peinture compatible avec l’escalier. Le classeur Kiyose avait été retrouvé en sa possession. Le paquet Angle Mort et **angles.txt** existaient avant que le corps soit découvert.
Aucun de ces faits n’avait besoin d’un meurtre mémorisé.
Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.