Quarante-trois jours après le communiqué sur les « sept secondes », l’oscilloscope de service continuait à les afficher toutes les six minutes.
Lin Qiao avait fini par trouver cela utile.
La routine n’avait pas changé. Une impulsion de référence entrait dans la chaîne de test, le curseur balayait l’écran pendant sept secondes, puis l’appareil calculait trois écarts et revenait au bruit. Aucune fenêtre anormale ne pouvait être produite par cette fonction : le signal de test n’entrait pas dans la chaîne scientifique. Yulan avait fait documenter la séparation deux fois, et un ingénieur extérieur une troisième. L’autotest restait là parce qu’il était antérieur à leur histoire et qu’on ne corrigeait pas un passé technique pour le rendre moins suggestif.
À vingt-deux heures quatorze, personne dans la salle de contrôle ne regarda pourtant la ligne verte jusqu’au bout.
Sur le mur principal, six rectangles portaient les noms des sites du programme distribué. Aucun ne montrait de courbe. On avait appris à se méfier des jolies formes assez tôt pour construire un système qui les cachait. Chaque site envoyait seulement un état de santé, l’empreinte de son paquet local et un compteur de franchissements de critères définis avant le début de la campagne. Les fichiers bruts restaient physiquement sur place.
Shanghai : zéro.
Nankin : zéro.
Hefei : zéro.
Pudong : zéro.
Deux autres sites, identifiés dans l’interface par leurs codes de consortium, affichaient eux aussi zéro.
Le programme tournait depuis onze jours.
Il n’avait encore rien trouvé qui survive à sa propre procédure.
Qiao aurait dû être contente.
— Si tu continues à fixer le zéro comme ça, il va finir par se sentir évalué, dit Peng Shuo.
Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.