RECHERCHER DANS L’ARCHIVE

Aucune occurrence à ce niveau de lecture. Vérifier mes réglages.

Les homonymes et les branches restent distincts.Recherche complète ↗
Personne n'est mort ce soir-là / VOLUME 1

PERSONNE N'EST MORT CE SOIR-LÀ

À sept heures quarante-deux, le couloir du bâtiment C appartient encore aux agents d’entretien, aux internes qui cherchent du café et à Lina Vasseur.

Elle préfère le lycée à cette heure-là. Les néons ne bourdonnent pas tous en même temps. Personne ne lui demande si elle a vu tel message, si elle peut envoyer telle photo, si elle peut « juste vérifier » un devoir de spécialité. Les casiers alignés contre le mur ont l’air de ce qu’ils sont : des boîtes en métal cabossées, couvertes d’autocollants, de traces de semelles et de bouts de ruban adhésif. Rien à interpréter.

Lina pose son sac devant le 118, tourne deux fois la molette, une fois dans l’autre sens. Les règles qu’Alice lui avait apprises à quinze ans ne l’empêchent pas de vouloir comprendre trop vite. Son appareil photo est coincé entre son classeur de philo et le sweat qu’elle avait cru perdre vendredi. Elle le sort, s’assied par terre et glisse la carte mémoire dans son téléphone avec l’adaptateur du club.

Quatre-vingt-sept photos de samedi soir.

Malo photographie trop. Il le sait, tout le monde le sait, et cela ne l’a jamais empêché de prendre dix images du même moment comme si l’une d’elles pouvait un jour servir de preuve à charge contre les neuf autres.

Lina fait défiler.

Jade sur l’accoudoir du canapé, une chaussette rose et une noire. Yanis avec un saladier sur la tête. Iris en train de couper le gâteau parce que personne ne faisait confiance à Théo avec un couteau. Nils Delcourt derrière eux, flou, penché vers l’enceinte Bluetooth. Une moitié de visage, un poignet, le cordon vert de son sweat.

Lina s’arrête une seconde sur cette photo-là, uniquement parce que Nils a les yeux fermés et qu’on dirait qu’il dort debout.

Elle passe à la suivante.

Malo entre dans le couloir au moment où elle sélectionne six images.

— Tu comptes rendre la carte avant le bac ou l’emporter dans ta tombe ?

Il a un gobelet en carton à la main et les cheveux encore humides. Sa chemise dépasse d’un côté de son blouson. Lina lève deux doigts sans quitter l’écran.

— Deux minutes.

— C’est ce que tu dis depuis avril.


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

Revenir au volume ↗
S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

Écrire ma première version ↗Retrouver mes traces ↗
Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
PERSONNE N'EST MORT CE SOIR-LÀ — Lecture — APODYOPSIS