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Agence Rémanence / VOLUME 2

Les faux absents

Le lundi 3 novembre, à neuf heures moins quatre, Maud décolla du mur une feuille qui n’avait tenu que tout le week-end.

Le ruban adhésif avait emporté un peu de peinture. Un rectangle plus blanc resta au-dessus des mots imprimés :

**UNE PERSONNE N’EST PAS UNE PREUVE.**

— On aurait dû encadrer, dit Hugo.

— On aurait surtout dû acheter de la peinture correcte.

— On n’avait plus le budget.

— On n’a toujours plus le budget.

Il posa sur la table deux enveloppes. La première venait du commissariat : le relais utilisé dans l’affaire Darras avait livré une donnée nouvelle, exactement comme Khelifi l’avait annoncé, et elle ne permettait toujours aucune attribution. Un poste partagé dans un espace de travail, trois utilisateurs possibles, aucun horaire assez propre pour réduire le champ sans supposer ce qu’on cherchait. Maud lut la note une fois, la rangea dans la boîte du dossier Sophie et n’ajouta rien au mur.

La seconde enveloppe était une relance de l’assurance professionnelle.

— Celle-là est plus concluante, dit Hugo.

Maud n’eut pas le temps de répondre. La poignée neuve grinça dans l’entrée.

La cliente du lundi n’avait pas de dossier sous le bras. Elle portait une sacoche d’ordinateur, un manteau beige encore humide et tenait son téléphone dans une main sans jamais le regarder. Quarante ans passés de peu, estima Maud. Des cheveux châtains coupés à hauteur du menton, un visage qui paraissait calme jusqu’à ce qu’on voie la mâchoire.

— Marianne Rivière ?

— Oui.

Maud la fit entrer dans la petite salle. Depuis Sophie, elles avaient déplacé la table : personne ne s’asseyait plus entre la porte et l’interlocuteur. Hugo appelait cela leur première dépense gratuite.

Sur la table, Maud posa les nouvelles conditions de mission.

Marianne ne les lut pas.

— Je ne veux pas une thérapie, dit-elle. Je veux l’adresse de mon frère.

— Vous n’avez pas de frère dans cette continuité.

— C’est précisément le problème.

— Et ce n’est précisément pas une autorisation de localisation.

Marianne regarda enfin le document.

— Vous m’avez fait venir pour me dire non ?


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

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S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

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Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
Les faux absents — Lecture — APODYOPSIS