RECHERCHER DANS L’ARCHIVE

Aucune occurrence à ce niveau de lecture. Vérifier mes réglages.

Les homonymes et les branches restent distincts.Recherche complète ↗
Deux fois Naples / VOLUME 1

Deux fois Naples

À sept heures quarante, les portes de l’entrepôt 4 étaient déjà levées, mais personne ne chargeait rien.

Luca Ruggiero le comprit avant de sortir de la voiture. Les manutentionnaires avaient leurs gilets sur le dos, les transpalettes étaient alignés sous les néons, deux camions frigorifiques attendaient moteur coupé le long du quai. Le travail avait tout ce qu’il fallait pour commencer sauf le bruit. Dans une entreprise comme la leur, le silence n’était jamais une panne ; c’était une consigne.

Ciro vint à sa rencontre en mâchant un cure-dent. Il n’avait pas de manteau malgré l’humidité du matin. Sur sa chemise blanche, une goutte de café avait séché en étoile brune.

— Ton père est dedans.

— Depuis quand ?

— Depuis que quelqu’un lui a expliqué qu’on avait perdu deux cent quatre-vingt mille euros et l’homme qui tenait le cahier.

Luca referma la portière. Derrière les hangars, on devinait le port dans une brume basse, les silhouettes empilées des conteneurs et, plus loin, un morceau de mer couleur d’étain. Il avait dormi trois heures. À minuit, il était encore dans le bureau de leur restaurant à vérifier des factures de poisson. À deux heures, Paolo Iannone avait cessé de répondre. À cinq heures douze, la voiture de Paolo avait été retrouvée devant un garage fermé de Gianturco, vide, propre, verrouillée.

Le téléphone de Luca vibra. Sa sœur.

SOFIA : Ne laisse Ciro toucher personne avant que j’arrive.

Il rangea l’appareil sans répondre.

— Qui est là ? demanda-t-il.

— Massimo Miele. Et son frère dehors.

— Pourquoi Massimo ?

Ciro eut un petit mouvement d’épaules.

— Parce que Paolo lui a parlé hier. Parce que Massimo doit de l’argent. Parce que Massimo respire encore alors que Paolo ne répond plus.

— C’est une logique de chien.

— Les chiens trouvent beaucoup de choses.

Luca passa devant lui.


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

Revenir au volume ↗
S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

Écrire ma première version ↗Retrouver mes traces ↗
Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
Deux fois Naples — Lecture — APODYOPSIS