Dans le récitLes enfants du lac
Ils sont quatre sur la photo. Tous se souviennent d’un cinquième. En triant des diapositives de colonie, Maud Lenoir retrouve l’été 1996 : les coupe-vent, les jeux, le lac. Et une absence qui n’a aucune raison d’être. Elle n’est pas seule à se rappeler cet enfant. D’autres adultes portent le même manque, avec des détails qu’ils croyaient n’appartenir qu’à eux.
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Maud Lenoir avait posé le carton à plat sur la table de tri, sous les néons du magasin provisoire, et retirait les pochettes une à une avec les gestes qu’elle réservait aux choses fragiles et aux collègues susceptibles. À travers le polyester jauni, les diapositives de l’été 1996 ressemblaient à de minuscules fenêtres mal lavées : des gamins en coupe-vent, un car blanc, une salle à manger tapissée de pin, puis le lac, gris clair, immobile jusque dans les herbes du bord.Lire l’extrait ↗